le Journal de Demain

Une nouvelle maquette pour Sud Ouest

janvier 23rd, 2009 § 0

Côté design, côté rédaction : la nouvelle maquette de Sud Ouest
est expliquée et racontée par Terry Watson, designer pour la presse, et Francis Dupuy, en charge du projet au sein du journal régional.

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Le « Public journalism », l’oncle d’Amérique

janvier 22nd, 2009 § 0

Né dans les années 80, popularisé au milieu des années 90,
le « Public journalism » représente un tournant dans l’histoire
des reporters américains. Il est généralement présenté comme la meilleure solution au désintérêt, voire au mépris des lecteurs. Encore aujourd’hui.

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Ils viennent nous la boucler

janvier 22nd, 2009 § 0

Solution d’avenir ou repoussoir pour tout journaliste digne de ce nom ? SOS bouclage propose une aide d’urgence sur mesure pour les entreprises de presse. Secrétaire de rédaction, maquettiste, rédacteur spécialisé : de quoi clôturer ses pages en toute tranquillité. Mais aussi en toute précarité.

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Impressions de nuit

janvier 22nd, 2009 § 0

De l’eau et de l’encre. Seulement. Dans l’enfer des rotatives, la sueur ne ruisselle plus dans le dos des ouvriers du Livre. Les conditions de travail se sont améliorées mais le travail, l’engagement constant des rotativistes, à peine entamé par les avancées technologiques, n’a pas changé. Reportage au centre d’impression de Sud Ouest à Bordeaux.

Tout commence de l’autre côté du fleuve. Loin du centre d’impression, loin de ses rotatives. Dans le centre de Bordeaux, le temps des journalistes s’achève. Un dernier mot, l’ultime virgule, point final. La nuit tombe et un autre temps du journal s’amorce, essentiel et nocturne : l’impression. Aux portes de la rédaction, les pages de Sud Ouest sont montées et assemblées selon les 21 éditions, avant d’être numériquement transférées rive droite, quai de Brazza, au centre d’impression.

Plus d’hésitation, plus de correction possible : minuit va bientôt sonner et photos, textes, titres et surtitres sont gravés dans la surface photosensible de plaques d’aluminium. Vérifiées puis collectées, ces plaques quittent, dans les bras des ouvriers, la semi-quiétude de l’atelier pour l’enfer bruyant et moite de la salle des rotatives.

Dans la cathédrale de l’impression, la feuille à imprimer est déjà là. Jaillissant du sous-sol des dérouleurs, le papier, immobile et immaculé, grimpe à plusieurs mètres au-dessus du plancher dans un empilement de rouleaux et de barres pour finir sa course dans une danse désarticulée. Pliées, superposées, découpées et assemblées, les bandes de papier donneront miraculeusement corps à un journal.

Au milieu des trépidations des machines, les employés logent adroitement les plaques au cœur de trois monstres d’acier. Plusieurs tonnes de technologie qui produisent près de 70 000 exemplaires par heure et qui plongent toujours les ouvriers dans l’admiration. « Ce sont les Rolls Royce des rotatives », souligne dans un large sourire Frédéric Moujart, un des 18 rotativistes au travail ce soir-là.

De grandes dames autonomes

Une fois les plaques fixées sur les rouleaux d’impression, tout le monde se pousse, la machine fait le reste. Assistée d’un système informatique performant, ces grandes dames gèrent seules leur stock de papier, calculent les quantités d’encre et d’eau, s’ajustent au désir du journal. Des performances qui ont conduit à un réajustement du travail des ouvriers. Et de leur nombre. « On est surtout là pour la surveillance, le suivi de la qualité, explique Frédéric Moujart. Et pour intervenir en cas de problèmes. »

Une équipe de quelque 200 personnes, tout de même, pour satisfaire les caprices de mesdames ces rotatives. Un effectif impressionnant pour ces bijoux de technologie qui donne le sentiment que peu a changé depuis les grandes heures de la presse française. « C’est vrai que les conditions de travail sont très agréables ici. On travaille en équipe, l’informatique nous facilite le travail, admet Yves Lanseau, la soixantaine blanchie et discrète. Mais si on a l’air décontractés, on reste concentrés sur notre boulot », une nécessité pour tenir la cadence élevée des machines.

Pas le temps de s’attarder, l’impression est lancée. Les ouvriers se réfugient derrière la baie vitrée qui borde les rotatives. De leur poste d’observation insonorisé, ils inspectent les journaux. Les premiers exemplaires sont directement jetés, une « gâche » qui représente 300 à 1000 canards. Une perte inévitable : pas assez d’encre, pas assez de synchronisation au lancement de l’impression entre les rouleaux sur lesquels passe le papier. Car, quand il s’agit d’imprimer en couleurs, la feuille est imprimée quatre fois. En bleu, en rouge, en jaune et en noir : les quatre teintes indispensables à la quadrichromie. Et à 11 m/s, la moindre imprécision donne au journal un curieux effet 3D.

Une fois le calage achevé, les journaux partent pour l’expédition. Pas question cependant de s’endormir sur ses feuilles imprimées. Derrière leur pupitre, les rotativistes gardent un œil sur la production ; à intervalles réguliers, ils piochent un exemplaire qu’ils observent sous les moindres coutures. Les pages glissent entre leurs mains, caressées avec amour mais inspectées sans scrupule. Alignement parfait, couleurs éclatantes mais pas flashy, taux d’humidité idéal, tout est vérifié voire modifié depuis les écrans de contrôle perfectionnés. Malgré la vitesse grand V à laquelle défilent les pages devant ses yeux, Yves Lanseau détecte le moindre pigment de travers. Armé de son compte-fil, il s’arrête, examine point par point et paf, d’une touche sur l’écran de contrôle, modifie la proportion d’encre délivrée par la rotative. « La machine avait déjà calculé la quantité idéale, mais pour le rendu, l’œil de l’homme est indispensable », précise-t-il.

L’impression se poursuit, à moins que le papier martyrisé ne cède. Il faudra alors tout arrêter, déloger le papier coincé dans les moindres recoins, remplacer la feuille qui court dans les artères de la machine et relancer la bête. Qui malgré sa belle mécanique, nécessite toujours la main de l’homme. Un rôle jugé essentiel par des rotativistes qui jaugent leurs machines à la manière d’un Citizen Kane des temps modernes, confiants dans l’avenir du papier mais quelque peu effrayés par les avancées technologiques. « C’est bien la modernisation, mais il faut garder de l’humain dans l’impression. Il ne faut pas oublier qu’on fait un produit vivant », rappelle Frédéric Moujart. Un produit vivant dont l’impression ne s’achèvera qu’aux premières lueurs du jour. Quand commencera son éphémère destin.

Maud Noyon

http://www.sudouest.com/accueil/journal-sud-ouest/decouvrir-sud-ouest.html

Tom Kent : comment le papier est devenu un « fardeau »

janvier 22nd, 2009 § 0

En pleine crise économique, et malgré les difficultés de la presse, les éditeurs de journaux américains gardent le moral. Ils se creusent la tête pour trouver des solutions et continuent de croire à l’avenir du quotidien, comme l’explique le directeur adjoint de la rédaction de l’agence de presse américaine, Associated Press, Tom Kent.

En France, la crise de la presse rend les journalistes et les groupes de presse très inquiets. Quel est l’état d’esprit aux Etats-Unis ?

Tom Kent : Difficile de ne pas être pessimiste ! Nombre d’éditeurs sont paniqués en voyant leur marché disparaître et l’avenir s’assombrir pour leurs publications. Ils ne doivent pas concevoir leur activité de presse comme une simple entreprise de publication sur papier, mais comme un business de distribution d’informations. Il y a un avenir pour la presse, et notamment sur le Web. Certes le New York Times est en difficulté, mais ses dirigeants croient à l’avenir du newyorktimes.com. Pour eux, le quotidien continuera à exister, avec ou sans le papier.

L’abandon du papier ne pose pas de problème ?

Tom Kent : Dans la majorité des journaux, le papier est le poste de dépenses le plus lourd, c’est un véritable fardeau ! Mais ça n’a pas toujours été le cas. C’est même en raison de leurs bons résultats qu’ils ont été rachetés par des grandes entreprises et des fonds de pension. Ces géants voulaient utiliser les journaux pour faire de l’argent et même financer une partie de leurs dettes. Mais ils n’ont pas été à la hauteur de leurs espérances. Et nombre de journaux américains, en situation de bénéfice ou d’équilibre, sont obligés d’éponger la dette de l’entreprise mère qui les possède. Le Chicago Tribune en est le parfait exemple. L’an dernier, Sam Zell (un milliardaire qui a fait fortune dans l’immobilier, ndlr) a racheté Tribune Co., la compagnie propriétaire du quotidien de Chicago, en s’endettant. Il pensait pouvoir rembourser avec les bénéfices du journal. Mais ça n’a pas été suffisant et il été obligé de déclarer Tribune Co. en faillite.

On parle de crise de la presse depuis une trentaine d’années en France. Depuis quand la presse américaine fait-elle face à des problèmes ?

Tom Kent : La crise a commencé plus tard outre-Atlantique qu’en France. Mais toutes les difficultés – perte d’audience, dettes des entreprises de presse, crise financière et contexte économique délicat – se sont concentrées ces cinq dernières années. Et les effets ont été désastreux. On parle d’une “perfect storm”…

Quelles solutions se dessinent ?

Tom Kent : On n’a pas encore trouvé les clés pour sortir de cette crise, on ne sait pas encore comment rendre rentable l’information sur Internet ni sur les téléphones portables. La grande différence avec la France, c’est que les solutions aux Etats-Unis doivent venir et viendront de la presse elle-même. L’Etat n’intervient pas dans le marché des journaux, sauf par des tarifs de Poste préférentiels, et personne ne penserait à lui demander de l’aide.
Pour l’instant, je vois deux scénarios possibles : la presse réussit à exploiter les nouvelles plateformes, et elle s’en sort, ou elle échoue et sera financée par des fondations à but philanthropique, comme une fondation journalistique, une université ou la Croix Rouge Américaine. Dans les deux cas, le danger est que ces évolutions fassent baisser le prix de l’information. Avec Internet, tout le monde a déjà l’impression que l’information est gratuite, même si c’est faux. A l’avenir, rien n’empêche de penser que le lecteur payera un dollar pour 1000 pages d’articles issus de quotidiens sérieux…

Vous êtes également professeur de journalisme à l’université Columbia de New York. Que dites-vous à vos étudiants attirés par le métier de journaliste ?

Tom Kent : Qu’il faut regarder la profession par le prisme le plus large possible, car elle recouvre des réalités plus diverses qu’autrefois. L’important est de ne pas oublier que le monde a besoin de personnes qui écrivent vrai et bien. Le métier change et se développe, il faut en faire autant.

Propos recueillis par Estelle Maussion.

Tom Kent est directeur adjoint de la rédaction d’Associated Press. Avant d’arriver à ce poste, il a travaillé dans de nombreux bureaux de l’agence aux Etats-Unis et dans le monde. Il enseigne le journalisme à l’université de Columbia à New York depuis 1996.

Coup de gueule contre Google

janvier 22nd, 2009 § 0

Le monstre de l’information en ligne. Pour vous, il choisit et hiérarchise l’actualité en un clin d’œil grâce à ses robots. Vision d’un avenir très proche – trop proche- qui fait trembler les éditeurs de presse.

En 2014, Google aura eu raison du New York Times et de toute la presse. C’est le scénario catastrophe d’une vidéo réalisée par deux journalistes américains, Matt Thompson et Robin Sloan, pour le Museum of Media History à Tampa, en Floride. Dans leur film « Epic 2014 », ils racontent comment Google devient le maître de l’information mondiale. Le New York Times ne publie plus qu’une newsletter pour les élites et les personnes âgées.

Aujourd’hui, Google n’est pas encore Dieu – mais presque. Aucun autre acteur du marché ne peut rivaliser avec lui. A titre d’exemple, en décembre 2008, le moteur de Google centralisait plus de 90% des recherches françaises contre 2% pour son premier rival, Yahoo!. Cette position de quasi-monopole pourrait conduire à terme à un démantèlement forcé. Une idée qu’évoque sur son blog l’économiste et observateur des médias Emmanuel Parody. Selon lui, le mauvais mélange des rôles de publicitaire et de moteur de recherche de Google constitue une « aberration économique ». Cette situation, analyse le blogueur, n’aurait été tolérée dans aucun autre secteur.
« Google News favorise la quantité plutôt que la qualité »
La liste des services en ligne de la firme américaine s’allonge au fil des années, du moteur de recherche au mail en passant par la pub… et la distribution de l’information. Pas d’équipe éditoriale ou de journaliste aux commandes : la tâche du tri et de la hiérarchisation est exclusivement confiée à des robots – non sans conséquences sur la qualité des contenus mis en valeur. De quoi donner des cheveux blancs aux journalistes et aux éditeurs de presse en ligne.

« Tout le fonctionnement de Google est opaque, soupire Sophie Gohier, blogueuse et éditrice web pour le groupe L’Express-Roularta. Pour comprendre comment mettre en valeur nos informations, nous en sommes tous réduits à faire des tests permanents».

Alors, les rédactions varient les contenus, les rythmes de publication et observent. Les résultats les laissent perplexes. « Google a toujours expliqué que ce qui compte, c’est de rendre service à l’internaute, explique Sophie Gohier. Or, grâce à nos tests, nous savons que Google News favorise la quantité plutôt que la qualité : plus un site propose d’articles et plus il sera mis en valeur sur Google News. Pas vraiment avantageux pour nos sujets de magazine, qui ont plus de valeur ajoutée mais qui sont moins nombreux. A cause de ça, nous n’avons aucune chance de rivaliser avec l’énorme production des agences de presse comme l’AFP.».

« Nous vous considérons comme notre pire ennemi »
Les médias supportent mal de voir la chaîne de l’information contrôlée de bout en bout par le Tout-Puissant Google. Et la domination de Google sur un marché publicitaire en plein crash réduit les possibilités de négociation. Une somme d’agacements qui a jeté le malaise chez les patrons de presse - jusqu’au clash. En novembre 2008, dans le cadre des Etats généraux de la presse, et pour la première fois depuis plusieurs années, le patron de Google News Josh Cohen est venu débattre avec eux de l’avenir de l’info Web. Mais la conversation a viré au dialogue de sourds.

Twitter d\’Eric Scherer, AFP MediaWatch

« Aujourd’hui, avec la crise actuelle, nous vous considérons comme notre pire ennemi », s’est irrité le patron de la régie publicitaire du Figaro Pierre Conte.

Bruno Patino, ancien président du Monde Interactif et actuel directeur général de France Culture, a interpellé Josh Cohen :

« Vous avez une responsabilité sociale à assumer vis-à-vis des organes de presse. Vous devez prendre cela au sérieux ».

« Ce que nous demandons, conclut Sophie Gohier, c’est de pouvoir discuter avec Google, comme avec un partenaire commercial normal.»

Le principal rival de Google News, Yahoo! Actualités, propose en effet des contenus choisis via des partenariats plutôt que par des robots. Un espace d’information un peu plus humain – un enjeu pour l’actu web de demain.

Marie Amélie Putallaz avec Estelle Maussion